Comme le corps humain a besoin de soins réguliers pour rester en bonne santé, le hanok n'échappe pas à cette règle. Cette maison à ossature de bois couverte de tuiles commence à céder au temps dès qu'on cesse de s'en occuper. Parmi les premières choses entreprises avant l'ouverture de Gahoe-gyeong, les travaux de toiture figuraient en tête de liste. Il paraît qu'environ tous les vingt ans, il faut inspecter les tuiles et vérifier minutieusement que la charpente en bois ne présente aucune dégradation. C'était le moment.

Le jour où les échafaudages ont été installés, la maison est soudain devenue méconnaissable. Ce que l'on désignait vaguement d'un seul mot — « le toit » — s'est révélé couche après couche entre les tubes métalliques : la façon dont les chevrons s'emboîtent, l'angle auquel les tuiles évacuent l'eau de pluie. Une maison vue chaque jour, et pourtant l'impression de la découvrir pour la première fois.

Les vieilles tuiles, ce qu'on appelle les guwa (tuiles anciennes), se décolorent avec le temps. En vieillissant, leur gris se fait plus profond, et de loin, elles dégagent une certaine grâce. Comme un vin qui s'affine avec les années, les tuiles fanées ont leur propre texture, leur propre caractère. Aussi, au départ, l'idée de les laisser en place avait sa séduction. Mais le spécialiste des tuiles en a jugé autrement : pour que la maison dure, mieux vaut les remplacer par des tuiles neuves — sinwa. Étanchéité, isolation, solidité structurelle : les nouvelles tuiles l'emportent sur tous les plans. Choisir la longévité plutôt que le charme de l'ancien, c'est finalement la meilleure façon de préserver cette maison.

Le jour où l'on a retiré les tuiles, la poussière s'est levée en nuages. De la vieille terre mêlée à des éclats de tuiles s'est accumulée dans un coin de la cour. Devant ce tas, on a vraiment pris conscience de tout ce que cette maison avait tenu à l'écart — la pluie, le vent — pendant si longtemps. La charpente a été inspectée pièce par pièce ; par chance, aucune dégradation sérieuse n'a été constatée. On a renforcé l'isolation, posé les nouvelles tuiles, et soigné les finitions pour que rien ne filtre. Le jour où les échafaudages ont été démontés, l'avant-toit a retrouvé son aplomb.

Les nouvelles tuiles ont une couleur vive — elles n'ont pas encore eu le temps de se patiner. Au début, cela semblait un peu étranger, mais après la première pluie, on les a vues s'imprégner d'eau puis sécher, et quelque chose s'est mis en place, doucement. La toiture d'un hanok ne s'achève peut-être pas vraiment — elle mûrit avec le temps.
Ces travaux ont été menés pour ceux qui séjournent à Gahoe-gyeong, mais aussi pour la maison elle-même. Tenir plus longtemps, tenir plus solidement. Arrêter la pluie, filtrer le vent, rester là. C'est ce que signifie entretenir, au fond : poser la main là où personne ne regarde, encore et encore, jusqu'à ce que ces gestes accumulés permettent à la maison de traverser le temps.
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